CLAIRE SUIRE, peinture sensorielle

Peindre en faisant jaillir l'énergie du hara jusqu'à la main, le corps présent, peindre et ressentir, peindre et en parler...

 

Réveiller sa créativité, plonger dans son imaginaire et chercher le trait, le geste... prendre confiance en sa peinture, en soi...

C'est ce que propose Claire Suire pendant ses stages de Peinture Sensorielle® .

Claire Suire : Je suis orthophoniste, art-thérapeute et peintre. De la famille de ma mère, j’ai hérité du goût pour l’art, de celle de mon père du goût pour l’enseignement. J’ai appris à peindre très jeune avec ma grand-mère. Jai réuni mes deux lignées en alliant la peinture avec une réflexion sur la pédagogie de son enseignement, qui correspond aux études que jai faites.

 

Par ailleurs, en tant que peintre jai toujours travaillé avec des danseurs. Les peintres tels que  Zeyno Arcan, qui a été mon enseignante, ou Ernest Pignon Ernest, qui fait rouler des danseurs sur la toile, m’ont beaucoup inspirée. J’ai longtemps cheminé avec la danseuse allemande Nien Marie Chatz qui vient du « Contact Improvisation ». Nous avons fait ensemble tout un travail de recherche sur la trace qui jaillit du corps en mouvement. 

 

Dans ma pédagogie d’enseignement de la peinture, on retrouve donc ces deux influences que sont le  corps et le langage (la seconde correspondant à ma formation dorthophoniste).

Comment fait-on de la Peinture Sensorielle® ?

Claire Suire : laspect corporel est très important. On commence par un temps d’échauffement corporel avec des exercices en lien avec le hara et la circulation de l’énergie entre le hara et le bout de la main ; cela afin de conduire l’énergie jusqu’à elle et que le corps soit toujours présent pendant lacte de peindre. La trace laissée sur la feuille devient le prolongement du corps.

 

Je veille à la position des pieds pour assurer lancrage à la posture. On travaille aussi sur le souffle : l’inspiration (au sens artistique) se trouve dans l’inspiration (au sens respiratoire du terme) ; la trace colorée, elle, jaillit dans l’expiration.

 

Les personnes sont debout, la feuille posée soit verticalement soit horizontalement sur la table et elles laissent jaillir spontanément les formes et les couleurs à partir de leur hara. Cela pourrait sapparenter à un travail de calligraphie. On engage son corps tout entier, et pas uniquement le mouvement du poignet.

On peint en silence ?

Claire Suire : en silence ou en musique, seul ou deux par deux pour profiter de la créativité de lautre, puis on revient à soi pour pouvoir enrichir sa palette imaginative. Quand je parle dimaginaire, il ne sagit pas seulement de limaginaire « dans la tête » mais aussi celui qui émerge du corps afin de donner naissance à de nouvelles traces.

 

Vos stages sadressent à des débutants ou à des peintres déjà confirmés ?

 

Claire Suire : les deux. Pour les débutants, c’est idéal car c’est une méthode qui ne nécessite pas un long apprentissage pour parvenir à un résultat. Après 4 ou 5 jours de stage, chaque stagiaire repart avec des productions qui le satisfont. Il y a quelque chose de beaucoup plus direct que dans un enseignement académique. On pourrait presque dire qu’il s’agit de retrouver l’inspiration de l’enfant. Donc ce n’est pas une découverte mais une re-découverte de ce qui sommeille en nous.

 

Je reçois également des peintres professionnels. Il arrive que les peintres confirmés tournent en rond dans leur style, leurs sujets. Ils viennent pour élargir le champ de leur imaginaire.

 

Vous faites peindre à la gouache, à l’acrylique, avec des pastels ?

 

Claire Suire : chaque technique a son niveau de difficultés. En général je fais peindre les enfants à la gouache, les adultes à l’acrylique.

Comment intégrez-vous le langage ?

 

Claire Suire : j’ai bâti cette méthode par rapport à mon travail dorthophoniste et en lien avec les neurosciences. Jai eu à cœur que les différentes fonctions hémisphériques du cerveau puissent être honorées dans ce travail.

 

Jai suivi la formation de Marie Pré, qui fait peindre des mandalas. Elle dit que  « si tous les gens avaient leur cerveau en équilibre, il y aurait la paix dans le monde ». On peut remarquer les déséquilibres chez certaines personnes, par exemple un esprit scientifique un peu dur, cest quil na pas beaucoup développé la fonction hémisphérique droite ou bien un artiste un peu « perché » n’a pas développé la fonction hémisphérique gauche.

 

Dans cette pédagogie, je fais alterner les moments de peinture et les moments de parole. Au niveau neurologique, la peinture fait travailler la sensorialité, donc la fonction de l’hémisphère droit, le langage la fonction de l’hémisphère gauche. Cela active le corps calleux et permet ainsi la création de nouveaux circuits neuronaux.

Si lon exprime des émotions et des ressentis, on fait quand même travailler le cerveau gauche ? 

 

Claire Suire : le temps de parole est assez ouvert et les personnes vont parler de leur ressenti corporel, dun souvenir que cela évoque … Mais on ne parle pas juste « pour parler ». La technique danimation des cercles de parole met en avant le nouveau c’est-à-dire que si une personne exprime une petite sensation nouvelle, un progrès même minime, ils vont être mis en relief, cest sur eux que lon va sappuyer. Cette nouvelle information va saffiner et grandir de peinture en peinture. 

Les personnes qui assistent à vos stages viennent-ils avec une problématique à traiter ?

Claire Suire : pas forcément, la plupart viennent parce quils veulent développer leur créativité ou apprendre à mieux se connaître. Ils ne repartent pas forcément avec le gain quils attendaient. Certains sont venus juste pour faire de la peinture et repartent avec un petit miracle.

 

Jai eu en stage par exemple un homme qui était chanteur professionnel depuis 30 ans et qui est reparti avec un ton de plus dans la tessiture de sa voix. Ou encore cette femme qui avait été opérée de nombreuses fois du genou et qui avait de grandes difficulté à marcher, elle est repartie sur ses deux pieds. Mais ce sont des exceptions ! Le plus grand miracle c’est d’avoir réveillé sa créativité endormie, et au delà de ça, d’avoir fait un pas de plus vers soi-même ! D’avoir réveillé la Vie en soi.

 

La méthode est suffisamment bienveillante douce et créative pour que les personnes se sentent en confiance, entrent dans un état de vacuité et permettent aux couleurs et aux formes de jaillir d’elles-mêmes, même s’ils nont jamais peint avant. Leur mental reste à l’arrière, ils entrent dans un état de vacuité, ils deviennent spectateurs de leur peinture. 

Propos recueillis par Florence

Claire Suire est la créatrice de la méthode de la Peinture Sensorielle®. Elle propose des stages à Moissac (82) durant l’année et en Ariège pendant l’été.

http://www.peinture-sensorielle.com/

suireclaire@gmail.com

 

Stage d’été: « Peinture Sensorielle® et mandala » du 28 Juillet au 1er Août en Ariège.

 

Stage d’automne: « Peinture Sensorielle® et respiration » les 4 et 5 Novembre, à Moissac.

 

Stage de passage en l’an 2018 : « Peinture Sensorielle® et voeux », les 13 et 14 Janvier 2018 à Moissac.

 

Certaines photos qui illustrent cet article sont d'Amandine Aubery.

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