M-D LINDER, Cercles de rêves

Pour Marie-Dominique Linder, le rêve a toujours revêtu une grande importance. Toute petite elle faisait déjà des rêves forts. Ils ont été son médiateur de transmission et d’enseignement direct.

 

Initiée entre autres par un homme médecine de la tribu des Algonquins, elle est revenue en France avec le rituel amérindien du Cercle de rêves qu’elle pratique et anime régulièrement depuis une vingtaine d’années.

Qu’est-ce qu’un cercle de rêves ?

 

M.D.Linder : Un cercle de rêves c’est un groupe de personnes qui se réunissent pour partager leurs rêves comme cela se fait encore dans beaucoup de nations amérindiennes notamment les Algonquins, les Crees et les Lakotas.

 

Chacun va y raconter son rêve et écouter celui des autres avec le bâton de paroles à la main. En partageant son rêve dans la communauté on le réinscrit dans un espace plus vaste que l’inconscient personnel, on le relie à un champ plus large, il entre dans le collectif.

 

Dans le chamanisme ont dit « TOUT EST RELATION » : nous sommes tous en relation et le rêve de chacun devient celui de chacun comme celui de tout le cercle et celui de tous les règnes. Mon rêve parle aussi de ton rêve...

Y a-t-il une analyse du rêve qui est faite ?

 

M.D.Linder : Ce n’est pas vraiment une analyse parce qu’on tomberait dans quelque chose de beaucoup plus cérébral, intellectuel.

 

Lorsque la personne a raconté son rêve, chacun va transmettre à son tour sa vision, son ressenti de ce rêve comme si c’était son propre rêve  « Dans mon rêve, j’ai ressenti dans mon corps… mon cœur s’est serré… ou s’est dilaté… ça m’a touché ou j’ai eu envie de pleurer ou j’ai eu peur… ou encore : j’ai vu, entendu, etc… » et toujours en s’appropriant le rêve comme s’il l’avait rêvé lui-même.

 

Il y a un transfert de l’émotion provoquée par le rêve vers les autres personnes du cercle ?

 

M.D.Linder : Transfert ça fait un peu trop psy, je l’appelle un bluetooth sensoriel, organique. C’est un échange  énergétique.

 

C’est intéressant parce que ça ouvre un espace de compréhension des coulisses de son psychisme mais surtout ouvre l’accès à la psyché vaste et universelle.

Les symboles, la poésie, l’imaginaire des rêves offrent une source de transformation, de compréhension et de relation à soi-même et aux grandes lois du Vivant. 

 

Les rêves nous relient à notre âme, à notre destin. Ils nous donnent des pistes, des enseignements par des visions au-delà de notre vie psychique ordinaire.

 

Ils m’ont, à certains moments clefs de ma vie, guidé et révélé des rencontres intérieures avec mes alliés, mes guides spirituels. Ils m’ont aussi annoncé la venue de mes enfants et soufflé leur prénom.

Ce rêve peut avoir une implication dans la vie des autres personnes du cercle, on rêve aussi pour les autres ?

 

M.D.Linder : Exactement, et cela peut réveiller et activer des niveaux émotionnels et de notre intelligence profonde restés en  zone aveugle. On peut prendre conscience tout à coup d’attachements ou de parties de soi qui n’ont pas été regardées. Cela peut faire bouger les lignes de vie.

 

A ce moment-là, le cercle devient un espace un peu médiumnique et surtout transformationnel.

Vous utilisez aussi votre voix pendant les cercles de rêves ?

 

M.D.Linder : A l’origine, le son est un médiateur de soin et de guérison chez tous les peuples premiers. La voix vibrée, le chant est un médiateur qui accompagne les grandes étapes de la vie, les souffrances. De tous temps le chant a été utilisé pour ouvrir un rituel. La voix est la médiatrice des trois plans : Corps-cœur-esprit.

 

Je me sers plus particulièrement du son des voyelles. Ce sont des sons originels qui touchent au niveau tissulaire et qui permettent de se détendre, de s’ouvrir et lèvent des mémoires de souffrance liées à sa propre histoire et refont circuler le battement de l’énergie vitale ou, dit autrement, ouvre le passage à la Source.

 

J’ouvre souvent un cercle de rêve avec le son de la Terre  « OU » pour recentrer dans le hara et se rassembler parce qu’on n’écoute pas les rêves avec la tête mais avec le ventre et le coeur !

Qu’est-ce qu’on peut retirer d’une participation à un cercle de rêves ?

 

M.D.Linder : Un cercle de rêve réunit entre 8 et 20 personnes. C’est très puisant parce que le taux vibratoire est élevé. Il permet une compréhension beaucoup plus profonde de soi-même et aide à dissoudre notre cuirasse émotionnelle.

 

Partager ses rêves rend beaucoup plus bienveillant, tolérant. C’est livrer une partie très intime de soi-même. Ça ouvre inévitablement le cœur. On en ressort plus  « en relation », « en sensibilité ».

 

On est tous porteur d’une bonne santé, d’une intégrité et d’une bonté fondamentale. Dans un cercle de rêve on les active très fortement ce qui oblige l’égo à s’incliner. Ce travail sur le rêve convoque l’intelligence profonde de la vie. Le rêve la véhicule autant qu’il est  appelé par elle pour nous amener à nous ouvrir et à l’écouter.

Florence

Marie-Dominique Linder a été aussi appelée par ses rêves vers la tradition tibétaine. Elle  suit depuis 10 ans les enseignements de Chögyam Trungpa.

 

Elle est aussi enseignante en méditation et en pratique de l’attention et de la compassion.

 

Elle fait partie du « Cercle de sagesse des traditions autochtones » qui organise chaque année le Festival chamanique de Génac du 27 au 30 avril 2017 au cours duquel elle sera présente.

 

Outre les cercles de rêves, elle propose des huttes de sudation cette année des méditations aquatiques et un cercle de femmes « Le chemin sacré des 13 mères originelles » relié à l’enseignement transmis par Jamie Sams dans son livre « Les 13 mères originelles » aux éditions Véga

 

Ses Cercles et ateliers ont lieu à Paris (Atelier Kodo dans le 18ème)

 

Contact : 06 22 30 08 13

md.linder@free.fr


Écrire commentaire

Commentaires : 0