LAURENCE NOYRIGAT, coureuse des bois

Laurence Noyrigat trouvait le mot "cueilleuse" un peu sec, elle a préféré adopter l'expression québécoise "coureuse des bois" qui qualifie ceux qui ramassent les plantes médicinales.

 

Ce nom correspond bien à son énergie personnelle : elle court la forêt à la recherche de plantes pour préparer des tisanes rituelles.

 

Elle est là pour regarder le soleil se lever et se coucher. Elle vit au rythme de la nature, à celui des saisons. "Sans la nature, je ne suis rien" dit-elle.

Comment avez-vous développé cette conscience de la nature ?

Laurence Noyrigat : J’étais bergère, éleveuse de moutons dans l’Aveyron sur une exploitation familiale bio depuis 30 ans. En gardant les brebis je regardais la nature autour de moi. J’ai eu aussi la chance d’avoir une grand-mère qui cueillait déjà pour une petite herboristerie de Castres et une belle mère qui avait un grand savoir sur les plantes locales.

 

Quand mon fils a repris l’exploitation j’ai décidé de faire ce qui me plaisait le plus et j’ai suivi une formation à l’école Lyonnaise des Plantes Médicinales pour pouvoir exercer.

 

Je suis maintenant cueilleuse professionnelle, inscrite à la MSA. A part quelques plantes pour lesquelles j’ai demandé une dérogation, elles sont toutes ramassées sur le Lévezou (entre Millau et Rodez).

Vous proposez des tisanes rituelles, comment cette idée vous est-elle venue ?

Laurence Noyrigat : A 45 ans, sans avoir été initiée par un chaman, j’ai commencé à voir l’esprit des plantes, des arbres, des animaux. J’ai retrouvé quelque chose qui dormait en moi depuis l’enfance et je m’y suis ouvert.

 

Quand je suis dans la nature, j’entre dans un état de conscience modifié, une transe et les plantes me parlent. Elles se présentent à moi et me disent « J’ai envie de venir travailler ça pour la femme ou ça pour l’homme »…

 

Les tisanes rituelles que je prépare m’ont été inspirées dans certains lieux sacrés : à la Sainte Baume pour la tisane « Marie-Madeleine ». Elle contient de la rose parce que c’est vraiment le féminin, le parfum du féminin, mais aussi de l’hélycrise pour la cicatrisation de l’âme, du féminin sacré, de l’utérus. On y trouve aussi la marguerite pour l’amour qu’on a tendance à effeuiller alors qu’on devrait le garder…

 

La tisane « Sarah », je l’ai reçue aux Saintes-Maries de la mer. Sarah est  la protectrice des causes perdues.

 

Quand je prépare ces tisanes, j’y mets toute mon intention, tout mon cœur, de façon à ce que la tisane puisse donner le meilleur d’elle-même à la personne qui la prendra.

Comment choisit-on sa tisane ?

Laurence Noyrigat : C’est un élan du cœur. Ce n’est pas un hasard si on est attiré par un certain sachet de tisane, c’est qu’on a quelque chose à travailler avec.

 

MARIE MADELEINE c’est pour les femmes qui se sont oubliées, qui ont laissé leur féminin sacré parce qu’elles avaient une trop grosse charge de travail : les enfants, la maison, le mari, le travail.  Elles ont besoin de se reconnecter à elles-mêmes.

 

ISIS c’est la prêtresse guérisseuse, la magicienne en soi, celle qui aide à prendre la décision de se guérir et devenir sa propre magicienne de vie.

 

JESHUA permet de retrouver son masculin sacré. Les femmes peuvent aussi prendre cette tisane tout comme un homme peut prendre MARIE MADELEINE pour se reconnecter à leur féminin sacré.

 

Il y a aussi la tisane ENRACINEMENT et VOYAGE INTERIEUR. Je propose aussi  des tisanes simples comme le noisetier, le frêne l’aubépine l’hélichryse, etc… Je suis toujours dans la création !

Comment conseillez-vous de prendre une tisane rituelle ?

Laurence Noyrigat : On prépare sa tisane dans le calme, c’est un moment à soi. On se prépare un coin à soi, on peut se mettre de la musique. Si on a un jardin on peut s’installer dans un fauteuil, on regarde le ciel, les étoiles, on pense à soi, on se reconnecte.

 

On prend de l’eau pure, si on peut avoir de l’eau de source, c’est encore meilleur. On met de l’eau froide dans la casserole et on rajoute une pincée de plantes. Ce n’est pas la peine d’en mettre beaucoup, les plantes sont très fortes parce qu’elles ne sont pas broyées. On porte sa casserole à la chauffe et en regardant l’eau on y met toute son intention (par exemple : « Je veux m’enraciner »). On voit peu à peu la couleur des plantes se diffuser dans l’eau et quand ça commence à frémir elle est déjà infusée. Il n’y a pas besoin de la faire bouillir pendant 10 minutes et de la massacrer !

 

Quand on boit sa tisane on se dit par exemple « je m’enracine pour moi, je m’enracine jusqu’au fond de la terre, je vais chercher mes propres racines».

Si vous achetez une tisane en sachet dans un supermarché, ça n’aura pas le même effet, vous allez ébouillanter les plantes, faire ça dans la vitesse…

 

Vous pouvez aussi bien la brûler que la boire si vous préférez les fumigations.

 

On m’a demandé de préparer des gélules de plantes mais ce n’est pas ça que j’ai envie de transmettre : je veux qu’on prenne conscience que si l’on prend le temps de préparer sa tisane, avec des plantes entières, celle-ci vous donnera le meilleur d’elle-même.

Vos étiquettes sont très belles...

Laurence Noyrigat : C’est une artiste peintre intuitive, Marianne Patard, qui les fait pour moi.

 

Elle peint à la grotte aux œufs à la Sainte Baume. Rajouter sur le sachet une image qui représente le travail à accomplir donne une symbolique plus forte.

 

Y a-t-il beaucoup de cueilleur ou de cueilleuses comme vous ?

Laurence Noyrigat : Il y a beaucoup de cueilleurs mais je crois que je suis la seule à proposer des tisanes rituelles.  C’est en faisant travailler les petits producteurs qu’on pourra peut-être sauver ces savoirs ancestraux qui se transmettent de mère en fille ou de grand-mère en petite fille ou encore de femme sage à d’autres femmes.

 

Florence


Laurence Noyrigat propose des stages de plantes médicinales, de plantes sauvages comestibles et de cosmétique naturelle.

Elle y parle de la magie verte, celle des plantes.

 

Contact :  06 45 70 23 63

 

le-chaudron-aux-bonnes-herbes@live.fr

 

https://www.alittlemarket.com/boutique/chaudron_aux_bonnes_herbes-3018563.html

 

https://www.facebook.com/LeChaudronAuxBonneHerbes/

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Commentaires : 1
  • #1

    miska (jeudi, 19 janvier 2017 19:41)

    enfin la voila! cela fait longtemps que ce pense à cette pratique! laurence a tout a fait raison quand elle parle de la transmission de generation à generation. nos enfants sont tellement sollicité par la technologie qu'il nous faut etre bien déterminé à continuer l'enseignement.