SUZY BLONDEL, l'écriture et l'image de soi

Qui n’a pas autour de soi un enfant en difficulté à l’école ? Dyslexique ou dys quelque chose ? Qui a vécu son parcours scolaire dans la facilité, la joie et la bonne humeur ?

 

J’ai rencontré Suzy Blondel, graphothérapeute, qui propose de véritables solutions à ces questions - souvent liées à l’écriture - et qui permet à de nombreux enfants de reprendre le chemin de l’école avec sérénité. En tant que dyslexique légère (je ne sais toujours pas où est la gauche !) ce sujet ne pouvait pas me laisser indifférente…

 

Pour que ce soit bien clair, pouvez-vous m’expliquer avant de commencer la différence entre la graphothérapeute, la graphologue et l’orthophoniste ?

 

Suzy Blondel : Le Graphothérapeute est le spécialiste du geste graphique, le graphologue analyse la personnalité à travers l'écriture et l'orthophoniste est le spécialiste du langage écrit et oral.

 

Qui vient vous consulter ?

 

S. B. : Essentiellement des jeunes qui ont des problèmes avec l’écriture : ils sont illisibles, leur écriture manque de soin, leurs pages sont constellées de ratures ou retouches ou encore ils n’ont pas acquis la vitesse nécessaire pour prendre correctement leurs cours. J’ai aussi quelques adultes qui veulent améliorer leur écriture.

Je suis particulièrement sensible à ce que vivent les jeunes à  l'école car j'ai été, durant 28 ans, enseignante spécialisée. On a tous en tête un épisode plus ou moins traumatisant lie à nos difficultés scolaires ou à la malveillance d'un enseignant.

 

Je commence par observer l’enfant en train d’écrire et je dresse un bilan assez poussé : la vitesse de l’écriture, les retours et les balayages visuels, la posture, la latéralité, la copie, le graphisme.

 

Je vais chercher avant tout la cause du déséquilibre. A partir de là, si cela dépasse le champ de la graphothérapie, je peux être amenée à conseiller de consulter un orthoptiste, un ophtalmologue, un psychologue, un neurologue, un psychomotricien.

 

Les jeunes en difficulté scolaire ont souvent une écriture qui n’est pas encore automatisée. C’est comme lorsqu’on apprend à conduire, au début on fait très attention à tout ce que l’on fait, puis la conduite devient automatique. Il en est de même pour l’écriture. Il aurait fallu à certains plus de temps pour intégrer et ils en sont restés au premier stade : ils doivent penser en permanence aux lettres qu’ils tracent. Écrire leur demande beaucoup de concentration et malheureusement à l’école, ça va très vite ! Cela va rajouter un blocage émotionnel, un manque de confiance et une perte d’estime envers lui-même.

Le bilan va mettre en lumière des problèmes techniques mais aussi psychologiques :

 

L’écriture c’est l’image de soi, elle révèle les émotions. Certains peuvent souhaiter présenter une image parfaite d’eux-mêmes. Cela va ralentir l’écriture car ils reviennent sur leurs lettres pour leur donner une meilleure forme, etc...

 

Manque de confiance, peurs diverses, exigence envers soi-même… à travers l’écriture on fait aussi de la thérapie !

 

Les enfants précoces ont-ils aussi des difficultés à écrire ?

 

S.B. : En effet,  les enfants précoces souffrent souvent de dys-synchronie entre l'intelligence et le psychomoteur  : un décalage entre leur pensée qui est très rapide et leur main qui n’a pas encore la motricité fine nécessaire en raison de leur âge. Il me faudra aussi les ramener dans l’ici et maintenant car ils ont tendance à se perdre dans leur pensée qui est plus arborescente que linéaire.

Comment se déroulent les séances de graphothérapie ?

 

S.B. : Chaque cas est unique et chaque rééducation doit s’adapter au plus près à l’enfant mais en général je commence toujours par quelques minutes d’EFT pour installer la détente avant de passer aux exercices graphiques.

 

Je veille à instaurer dès le début une relation de confiance et je les aide à prendre conscience de « comment ça se passe lorsque j’écris », à l’accepter et nous voyons ensemble ce qu’ils ont envie de changer.

 

Les séances sont très ludiques, on passera très peu de temps assis à table, rien à voir avec l’école ! Ce que je cherche d’abord c’est leur redonner le plaisir d’écrire et en découle naturellement des améliorations.

Brain gym

Pour la part technique, on va travailler le geste graphique pour libérer l’écriture. On apprend avec son corps : la main est son prolongement et la forme se reprend toujours en grand.

 

Je propose par exemple d’écrire avec le doigt dans un bac de sable ou à la craie sur le sol ou le bras tendu dans l’air. Ou bien je leur demande de visualiser un mot et de le reproduire dans l’espace, les yeux fermés, avant de l’écrire véritablement sur un support. Nous revoyons aussi les formes, les proportions et le sens des lettres.

 

J’ai recours également à la méthode " Brain gym" (gymnastique du cerveau) pour rééquilibrer le processus naturel de l'apprentissage.

EFT

Ce sont des mouvements très simples qui ont des répercussions surprenantes sur la latéralité, la profondeur, la verticalité notamment les mouvements croisés qui permettent à l’information de traverser la ligne médiane entre les deux hémisphères. Mieux équilibré dans notre corps, on est moins stressé et on peut  ainsi libérer tout notre potentiel.

 

Pour les aider après la séance je leur donne aussi des outils à utiliser quand ils seront en situation de stress lié à l’écriture : Des Fleurs de Bach pour ceux qui y sont réceptifs, une méthode  dérivée de l’EFT à utiliser en toutes circonstances, très rapide et qui peut se faire discrètement sur le bout des doigts, certains points à tapoter comme les points d’équilibre situés derrière les oreilles. Nous travaillons aussi sur une phrase d’objectif qu’ils vont formuler eux-mêmes avec leurs propres mots et à laquelle ils vont se référer tout au long de la semaine.

Quels résultats peut-on attendre ?

 

S. B. : Ces enfants sont bloqués à un ou plusieurs moments de l’apprentissage. Il faut parfois repartir à la base pour y replacer l’habileté manquante, la confiance perdue. Les cibler avec des exercices spécifiques, dans une ambiance bienveillante, en prenant tout le temps nécessaire, ramène la confiance en soi et le déclic se fait parfois de façon spectaculaire. Je suis là pour les accompagner mais c’est eux qui font le travail avec une réelle motivation.

Aider l'autre dans ses difficultés et plus particulièrement les enfants et adolescents, créer une synergie entre les différents rééducateurs, l'école et la famille est très important pour moi. J'aime considérer la globalité de la personne.

 

C'est un réel plaisir pour moi de voir un jeune reprendre confiance en lui, progresser et me dire " l'enseignant dit que je m'améliore, que c'est beaucoup mieux " . En général, le jeune progresse aussi dans ses résultats scolaires. C'est un tout !

Propos recueillis par Florence

Suzy Blondel reçoit à Cugnaux (31270) près de Toulouse et à la Tour du Crieu près de Foix, Mirepoix et Pamiers

 

www.graphotherapie31.weonea.fr

blondel.suzy@gmail.com

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