HEMAHA, Cheminer avec les plantes sacrées

Rien ne semblait la destiner à un travail spirituel...

 

Un choc émotionnel et c’est la vie qui s’emballe, elle se sent appelée et la quête commence.

 

Tout d’abord aux Philippines avec Joséphina, médecin aux mains nues, puis au Mexique avec les Huitchols, les Mazatèques et leurs plantes sacrées au Mexique et enfin au Pérou où des chamans l’initient à l’ayahuasca.

 

 Mon frère me disait toujours : « Je mourrai sûrement avant toi et je te permettrai de voir ce qu’est la vraie vie ». Il est mort à 33 ans. Lorsque j’ai touché son corps mort il y a eu un transfert d’énergie : quelque chose est entré en moi et j’ai pleuré, sur moi.

 

A partir de là, ma vie a complètement percuté. Je suis vraiment devenue quelqu’un d’autre.

L'appel de Joséphina

Puis, je suis tombée malade, d’une maladie inconnue, je ne pouvais plus manger. J’ai rencontré alors un guérisseur qui m’a parlé de ce que faisait Joséphina aux Philippines, il m’a montré une cassette vidéo et j’ai vu ses opérations à mains nues.

 

Le soir même, j’ai rêvé d’elle : elle me disait de venir la voir. J’ai pris un billet d’avion dans les jours qui ont suivis. Je pensais ne rester là-bas que quinze jours.

 

Joséphina vivait dans le petit village de Carmen, entre Baggio et Manille. Notre première rencontre a été un nouveau choc pour moi : alors qu’elle m’opérait, elle m’a regardé et m’a dit « ça suffit de jouer les apprenties sorcière, maintenant on va passer à autre chose ».

 

Le lendemain, en me réveillant ne n’avais plus aucun symptômes et j’ai recommencé à m’alimenter. Puis, j’ai entendu sa voix en moi. Elle me disait : « Mon esprit m’a parlé, reviens chez moi, il faut que je te parle.

 

Je suis revenue auprès d’elle. Je prenais des photos, comme tout le monde, pour avoir un souvenir. Elle m’a regardé et m’a dit « Non ! Pose ton appareil et reste à côté de moi ». J’ai pris le chiffon et j’ai commencé à éponger le sang.

Joséphina, instrument de Dieu

Joséphina opérait à mains nues, elle faisait pénétrer ses mains à l’intérieur de la personne et matérialisait le problème qui avait causé la maladie avec un objet symbolique. Cela pouvait être du tabac, du sang, une pièce de monnaie, une tête de rat ! N’importe quoi afin que la personne puisse avoir une prise de conscience.

 

Elle opérait des cancers du sein, des tumeurs. Des infirmes venaient la voir et restaient deux ou trois jours auprès d’elle puis repartaient sans fauteuil roulant. C’était miracle sur miracle !

 

Je suis restée une année entière à ses côtés. Moi qui étais athée, j’ai découvert ce qu’était la foi, une très grande foi.

 

Elle m’a emmenée dans les grottes saintes pour me nettoyer en faisait des diètes et des rituels. Je vivais dans une chapelle. Je me levais à 5 heures du matin pour prier, une prière du cœur.

 

Pendant la journée, j’opérais avec Joséphina, j’étais devenue son assistante. J’ai très vite appris à entrer dans une sorte d’état second.

Joséphina communiquait avec Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Jean

Elle avait une église dans son village mais il n’y avait pas de Christ en croix, ni de Vierge Marie. Elle donnait une sorte de messe : elle entrait en transe et parlait avec une autre voix puis distribuait un petit morceau de pain à chacun.

 

Elle se levait à 5 heures du matin et travaillait dans la fabrique de tabac qu’elle avait héritée de sa famille puis opérait à partir de 10 H jusqu’à 14 H et de 16 H à 18 H. Le soir, elle priait jusqu’à très tard dans la nuit.

 

Les gens qui venaient se faire soigner faisaient des dons, les Philippins ne donnaient presque rien, les dons importants venaient surtout des Européens et des japonais qui arrivaient par bus entiers. Elle faisait vivre ainsi tout le village.

 

Au bout d’une année, je suis retournée en France et j’ai commencé à faire des soins.  Pendant six ans, j’ai passé six mois par an aux Philippine et six mois en France.

 

Joséphina est décédée à 42 ans. Je suis retournée en France.

La voie Huitchol

En France j’ai fait des recherches sur la psychologie et la psychosomatique pour pouvoir comprendre ce qui se passait lorsque je soignais mais, plus je cherchais à comprendre moins ça marchait. Joséphina m’apparaissait la nuit et continuait mon initiation. J’ai également reçu des messages de Saint Michel.

 

Cela a duré ainsi pendant quatre ans jusqu’à ce que ça s’arrête, d’un seul coup. C’était très inconfortable, je me sentais seule et je suis retombée malade. Heureusement, il me restait les rêves qui me permettaient de continuer à travailler.

 

Une nuit, j’ai fait un rêve puissant, il me disait qu’il me fallait maintenant travailler avec une autre énergie. Je suis donc partie au Mexique pendant un an, à la recherche de shamans pour continuer mon initiation dans une voie tout à fait différente.

 

J’ai vécu là-bas des mois de galère et de remise en question. Quand j’ai compris qu’il fallait vraiment que je sache  ce que je devais faire, j’ai demandé à recevoir un message fort.

J’ai fait un rêve qui me disait d’aller rencontrer un livre.

Je suis entrée dans un jardin botanique dans lequel se trouvait une bibliothèque. J’ai pris un livre, au hasard, il traitait des Huitchols et du peyolt. Il y avait dedans toutes les informations sur le Peyolt : où le trouver, comment le prendre.

 

Je suis partie une journée dans le désert et j’ai cueilli les trois peyolt qu’ « on » m’a dit de ramasser et je suis allée dans la montagne. J’y ai rencontré un vieil indien qui avait une grande connaissance du peyolt et qui me l’a fait prendre avec lui.

 

Ça a été une expérience terrible : j’ai tout d’abord été très malade physiquement, j’ai beaucoup vomi et quand les vomissements ont cessé, j’ai entendu le vieil indien qui sifflotait. Il m’a redonné encore  un peu de peyolt et je suis partie dans un autre niveau de conscience : j’ai vu la vie, mon âme, mon esprit, qui j’étais avant, ce que j’avais à faire avec les autres, j’ai vu Joséphina, mon arrière-grand-mère qui était guérisseuse.

 

Les Huitchols appellent le peyolt le « Grand-père », il permet de travailler sur la mémoire cellulaire, les vies antérieures, suc ce que l’on est vraiment : c’est un initiateur, il donne les réponses aux questions que l’on se pose, il travaille sur l’âme.

 

Castaneda en a beaucoup parlé mais moi, à l’époque, je n’avais pas eu connaissance de ses libres, je fonctionnais avec mon cœur, et je suivais surtout ce que les rêves m’enseignaient.

Initiation mazatèque

Après ma rencontre avec le vieil indien, je suis partie plus avant dans la montagne et j’y ai rencontré des femmes de la famille de Marie Sabina (une grande chamane guérisseuse). Elles utilisaient des champignons sacrés qu’elles appelaient les « petits dieux ».

 

Elles les ramassaient avec un grand respect car ils permettent de voyager dans d’autres mondes de communiquer avec les esprits. Elles m’ont tout appris sur ‘la femme », quel est son rôle : la douceur, la féminité, l’amour, le service, « se donner ». Ça a été pour moi une initiation terrifiante ; J’ai lâché prise, je me suis nettoyée, c’était comme une psychothérapie.

 

J’ai compris qu’en tant que femme il était essentiel de travailler avec des femmes afin de pouvoir ouvrir totalement son cœur et d’être avant tout une mère pour l’humanité.

Ayahuasca…

De retour en France j’ai entendu parler d’une nouvelle plante : l’ayahuasca, une liane. Quelques jours après j’ai fait un grand rêve, la liane me parlait « Viens me voir au Pérou, j’ai quelque chose à t’apprendre ».

 

Je suis partie au Pérou  pendant un an et j’au ai vécu des expériences assez mouvementées car je suis toujours prête à me remettre en question : Pourquoi je fais tout cela ? Quelle est ma véritable intention ? Est-ce vraiment pour faire le bien ou est-ce pour nourrir quelque chose en moi qui est en souffrance ? C’est toujours la grande question.

 

L’ayahuasca n’avait rien à voir avec ce que j’avais vécu  avec les Mazatèques, elle est beaucoup plus douce et terrestre dans ses manifestations. Elle peut être aussi très forte et très dangereuse si on la prend n’importe comment.

Un an plus tard je rentrais en France.

 

Les plantes sont des « médecines » qui permettent d’aller voir ce que l’on est vraiment de communiquer avec son ADN, de voir pourquoi on est sur terre, quelle est sa mission. C’est initiatique et ça doit se faire en conscience.

 

Ça n’a rien à voir avec le fait de prendre une plante à n’importe quelle heure, sans rituels, sans un chaman qui connaît la plante, sans chants sacrés qui guident l’âme, sans prière, sans protection, dans un but de réjouissance et de défonce. C’est la qualité du rituel qui fait le niveau de conscience que l’on atteint. Prendre des plantes sans but spirituel peut être très, très dangereux.

 

De même prendre des produits artificiels est vide de sens : une plante vivante peut parler, un produit artificiel non. Le peyolt, certains champignons, l’ayahuasca sont des plantes sacrées qui ne demandent qu’une chose : nous enseigner dans un but d’évolution spirituelle.

Arrêter tout

Cependant, à un moment, j'ai compris qu'il fallait savoir s'arrêter de prendre des plantes. La « médecine » est là pour donner un grand choc, ouvrir la conscience et pouvoir visiter les autres plans, savoir qui l’on est vraiment, il faut pouvoir se dire « OK, je sais, je n’ai pas besoin d’aller plus loin et ma recherche peut se faire aussi sur un plan terrestre », c’est-à-dire être en éveil,  sans arrêt dans le quotidien, avec les gens que l’on rencontre, à l’écoute de son corps, des messages que l’on reçoit. Tout est vivant et tout peut nous parler à n’importe quel moment sans que l’on ait besoin de prendre des « médecines ».

 

On arrive dans une époque où les intermédiaires sont là, tout près, l’invisible est réellement présent, on est aidé. Il y a des esprits lumineux qu’on appelle les « docteurs de l’univers », ils sont là pour nous donner un coup de main.

Il y a maintenant une ouverture, les énergies changent et sont très fortes et très ouvertes pour nous aider à faire un vrai travail d’évolution.

 

Je crois aussi beaucoup à la diète : avant d’essayer d’atteindre d’autres niveaux de conscience il est indispensable de se nettoyer. La diète c’est pouvoir dire stop à tout, s’isoler pendant un certain temps, nettoyer son corps et chercher à savoir qui l’on est vraiment et qu’est-ce qu’on veut vraiment dans la vie, ça, c’est un réel travail spirituel !

 

Une diète peut durer une semaine, 10 jours, 15 jours. On arrête tout, son travail, son quotidien et on fait un vrai break à l’intérieur. On ne fait plus rien et on écoute. Les intermédiaires sont là, il n’y a qu’à les appeler avec des prières, la foi, la confiance.

Et ça marche !

Propos recueillis par Florence

J'avais interviewé Hémaha il y a une quinzaine d'années.

Au moment de commencer ce site j'ai tout de suite pensé à elle et j'ai retrouvé l'article que j'avais écrit. Je l'ai cherché sur internet, sur les réseaux mais je ne l'ai pas trouvé. Peut-être est-elle en voyage dans un pays lointain ou loin de tout.

Si elle lit cet article, je serai très heureuse qu'elle me fasse signe.

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    M (dimanche, 11 juin 2017 20:53)

    Bonsoir,

    Si nous parlons de la même Hemaha, elle a quitté son corps en 2013. Son nom était EMA’A DROLMA MATA, elle avait fini ça qu'elle avait à faire dans cette vie...

  • #2

    Florence (lundi, 12 juin 2017 08:41)

    Merci de votre message. Oui, c'est bien elle bien que l'orthographe de son nom soit différent. On me l'avait dit mais je voulais une confirmation. Elle est maintenant sans doute avec "les intermédiaires" et veille sur nous...